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fait-on la chasse aux colombes?
je m'assieds au second rang
ma vue de là porte plus loin
mes oreilles entendent mieux
et ma voix résonne plus fort
l'amertume ne me ronge pas
je ne me pousse pas du coude
je prends mieux mes aises qu'au premier rang
comment tirer sur les colombes?
de ma chaise tournante
je mesure à merveille les crânes chauves
et les ventres obèses
subtil est le mensonge
qui dit que moi Ali Podrimja
je suis un citoyen de second rang
de la planète ka ka
vrai chasse-t-on les colombes?
Dieu me garde
de siéger au premier rang
flanqué de pierres tombales
et de tirer sur les colombes
Ali Podrimja in "Défaut de verbe" (édition bilingue), Cheyne Éditeur,
Le Chambron-sur-Lignon, 2000, p 95 (Tradução do albanés para o
francês de Alexandre Zotos.)
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22/02/10
19/02/10
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"souvenir de ma mère et de la lune"
quand la lune se levait au-dessus du mont Tchabrat
ma mère disait:
ta soeur s'est mise à la fenêtre
je prenais mon écharpe une cruche d'eau
et m'en allais pieds nus par la verte colline
sécher les larmes de ses yeux
essuyer ses joues pâles
quand la lune dévêtue
disparaissait dans les eaux de l'Erénik
je me laissais glisser en bas du mont Tchabrat
gardant en main sa jupe déchirée
ma mère alors se renfermait en elle-même
puis j'empoignais le marteau de mon père
brisais l'insoutenable silence
et tout le quartier dressait ses oreilles de choux
et tout le quartier implorait Dieu
ma mère souriait alors:
quand tes pas soulèvent la poussière
je te sais fruit de mes entrailles
je te sais vivant
il advint que ma mère fut changée en oiseau
et le ciel noir s'abattit sur notre toit
j'entrepris un jour de rassembler ses mots épars
puis je m'en fus de par le monde seul coupé de tout
la lune dit-on ne paraît plus au-dessus du mont Tchabrat
ni ne descend le cours de l'Erénik
peut-être éclaire-t-elle le chemin de ma mère
Ali Podrimja in "Défaut de verbe", Cheyne Éditeur, Le Chambon-sur-Lignon,
2000, pp 45 - 47 (Traduzido do albanês para o francês por Alexandre Zotos).
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"souvenir de ma mère et de la lune"
quand la lune se levait au-dessus du mont Tchabrat
ma mère disait:
ta soeur s'est mise à la fenêtre
je prenais mon écharpe une cruche d'eau
et m'en allais pieds nus par la verte colline
sécher les larmes de ses yeux
essuyer ses joues pâles
quand la lune dévêtue
disparaissait dans les eaux de l'Erénik
je me laissais glisser en bas du mont Tchabrat
gardant en main sa jupe déchirée
ma mère alors se renfermait en elle-même
puis j'empoignais le marteau de mon père
brisais l'insoutenable silence
et tout le quartier dressait ses oreilles de choux
et tout le quartier implorait Dieu
ma mère souriait alors:
quand tes pas soulèvent la poussière
je te sais fruit de mes entrailles
je te sais vivant
il advint que ma mère fut changée en oiseau
et le ciel noir s'abattit sur notre toit
j'entrepris un jour de rassembler ses mots épars
puis je m'en fus de par le monde seul coupé de tout
la lune dit-on ne paraît plus au-dessus du mont Tchabrat
ni ne descend le cours de l'Erénik
peut-être éclaire-t-elle le chemin de ma mère
Ali Podrimja in "Défaut de verbe", Cheyne Éditeur, Le Chambon-sur-Lignon,
2000, pp 45 - 47 (Traduzido do albanês para o francês por Alexandre Zotos).
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